Kana nous régale avec son nouveau titre issu du magazine Melody. Ce magazine shôjo mensuel prépublie notamment les
séries the top secret et Onmyouji, deux petits bijoux
parus respectivement chez Tonkam et Delcourt. Ces trois séries se différencient sur le marché du shôjo par des thèmes qui sortent totalement des sentiers battus et se démarquent par leurs histoires
vraiment mature. The top secret par exemple, nous parle d'une cellule policière chargée de lire par irm dans le cerveau de personnes défuntes pour traquer les tueurs en série. Onmyouji, quant à lui
nous présente la vie du fameux exorciste Abe no Seimei à l'ère d'Edo.Le pavillon des hommes est lui aussi très original et mature. Ainsi, il saura séduire aussi bien les fans de shôjos que les adeptes des autres genres de mangas. Les frontières entre les genres sont effectivement assez floues pour toutes les séries prépubliés dans ce magazine.
A l'ère d'Edo, le Japon est frappé par une mystérieuse maladie. Elle ne touche que les hommes et elle est incurable. La population masculine se met alors à décroître dangereusement. Les hommes deviennent une denrée rare et précieuse. Pour pallier au manque cruel de main d'oeuvre masculine, les femmes sont obligées de mettre la main à la pâte et de remplacer les hommes dans toutes les tâches du quotidien. Le shôgun n'échappe pas à cette règle. C'est désormais une femme qui est à la tête du pays ! Elle dispose d'un pavillon spécial où 800 hommes sont à sa disposition. C'est le comble du luxe dans cette société composée en grande majorité de femmes.
Kana a publié les deux premiers tomes de cette série en simultané, au désormais célèbre "prix chouchou". Les deux tomes sont à 5,50€ jusqu'à la fin de l'année et seront ensuite disponibles à 7,35€.
Un univers clos à majorité masculine dans un monde à majorité féminineCe qui fait toute l'originalité du Pavillon des hommes, c'est la façon dont la mangaka a détourné la réalité pour inscrire ce manga dans une réalité historique fictive. Elle a imaginé un fléau qui a totalement renversé les équilibres traditionnels et les rapports de force entre les deux sexes.
Le pavillon des hommes c'est un harem de beaux jeunes hommes pour le plaisir d'une seule femme. Ainsi, dans ce manga, tous les rapports homme femme sont inversés. Dans cet espace clos, les ragots, les rumeurs et les conflits d'intérêt sont monnaie courante. Dans le premier tome, on découvre le pavillon, sa structure et les règles qui le régissent. Il est très hiérarchisé et les hommes qui le composent doivent monter les échelons pour pouvoir approcher le shôgun. Les manigances et les coups bas sont alors très répandus. Les hommes sont aussi durs entre eux que peuvent l'être les femmes dans un environnement similaire, chacun cherchant à tirer le plus de bénéfices de sa présence au pavillon.
Dans cet univers masculin, les relations homosexuelles intéressées ou non sont fréquentes. Les hommes bien qu'en minorité à l'échelle du pays se retrouvent confinés dans un espace clos sans aucune femme. Les relations sexuelles ne sont alors possibles qu'avec le shôgun, pour ceux qui ont le privilège de partager de temps en temps son lit, ou... entre eux. Néanmoins, malgré ces allusions le manga ne peut pas du tout être considéré comme un yaoi.
Une promenade dans le tempsDans le premier tome, l'auteure nous présente le pavillon plusieurs dizaines d'années après sa création. La structure est déjà rodée et les coutumes instaurées. A cette époque le pavillon a aussi acquis une utilité politique. Bien plus qu'un simple harem dédié aux plaisirs charnels du shôgun, il sert aussi d'armée de protection pour le shôgun en cas de guerre et aussi de vitrine pour les émissaires étrangers. Le Japon cache par ce biais son infériorité aux étrangers. Rien ne laisserait supposer aux visiteurs que le pays manque d'hommes alors qu'il y en a tant dans le palais.
Dans le second tome, la mangaka fait un bond dans le passé. Nous revenons aux origines du pavillon et nous comprenons comment le pouvoir est passé des mains des hommes à celles des femmes. Nous découvrons comment ce qui est présenté dans le premier volume comme des traditions a été créé de toute pièce par une femme de fer. Elle a agi pour protéger la famille du shôgun. Elle a instauré cette armée de mâle pour protéger la première femme shôgun et en a codifié tous les usages.
Cette visite du pavillon que nous offre la mangaka est rendue encore plus agréable par son trait de crayon. Le dessin est pur et le chara design est vraiment joli et soigné. Les décors sont présents juste comme il le faut et embellissent l'ensemble.
Un univers : des personnages
Au cours de ces deux premiers tomes, la mangaka nous présente des personnages variés.
Dans le premier tome, les hommes se trouvent dans le pavillon pour de bonnes raisons. Certains ont choisi de s'y réfugier parce qu'ils n'ont nulle part où aller, d'autres comme le héros l'ont fait pour l'argent et pour échapper à un mariage forcé. Dans le second tome, il en est autrement. Le personnage masculin principal a été forcé d'intégrer le pavillon. Cette histoire est très axée sur la psychologie des personnages et je l'ai trouvé très intéressante. elle est profonde et riche.
Les femmes ne sont pas en reste. Les deux shôguns que l'on croise dans ces premiers tomes sont vraiment intéressantes. Celle du second tome (la première dans la chronologie) a un profond mal être. Elle est capricieuse et ne sent pas à sa place. Son histoire et ses échanges avec les autres nous permettront de mieux la comprendre. La femme du premier tome est une femme d'exception. elle se retrouve au pouvoir alors que rien ne l'y destinait. C'est parce que le précédent shôgun, une enfant, est morte à l'âge de 7 ans qu'elle a dû prendre cette fonction. Elle a un fort caractère, un profond sens de la justice et compte bien réformer le pavillon. J'espère que la suite du manga nous montrera si elle le fera et dans quelle mesure car, au vu des révélations du second tome, elle risque de changer quelque peu ses plans.
Ainsi à travers deux histoires différentes avec des personnages eux mêmes différents, la mangaka nous fait visiter son pavillon sous deux angles différents. Finalement, nous comprenons qu'au fil du temps, les habitants du pavillon et les shôgun se succèdent mais le pavillon, lui demeure, immuable.

Otaku Girls est un seinen qui tourne en dérision les fans de yaoi
que nous sommes. Il reprend les codes du shôjo pour mieux les déformer et les caricaturer. Tous nos petits penchants et fantasmes sont grossis, amplifiés et parodiés. L’humour est
omniprésent et ravira tout autant les adeptes de shôjo que ceux de seinen.
Bien que l’on pourrait croire que cette histoire va subir des
lourdeurs ou tomber dans les stéréotypes, il n’en est rien ! Les textes sont vraiment bien tournés et de nombreuses petites annotations viennent régulièrement nous arracher un sourire. Elles
révèlent les pensées des personnages de façon humoristique. Elles viennent aussi illustrer les images issues de la vision yaoi d’Asai.
Les
dernières séries que nos éditeurs français nous ont dénichées au pays du soleil levant sont toutes d'excellentes surprises (





Que ce soit la
jolie et tendre Yuuki, l'énigmatique Kaname ou le taciturne Zero, tous les personnages possèdent des traits de caractère et une histoire qui leur est propre. La mangaka commence son récit en
mettant l'accent sur Zero. C'est le personnage que l'on connait le mieux pour le moment. Zero apparaît comme la victime d'un complot qui le dépasse, attaqué dans son enfance par Shizuka : un
vampire de sang pur qui a aussi tué ses parents. Cette morsure le transformera lentement mais irrémédiablement en vampire, plus précisément en level E. Zero lutte depuis ce jour maudit où ses
parents ont perdu la vie, pour ne pas sombrer et devenir un de ses êtres sanguinaires qu'il exècre tant. Ses sentiments deviennent alors clairs à nos yeux et sa répulsion envers les vampires
s'explique. Son combat contre sa lente dégénérescence en level E le rend attachant.
La
cohabitation entre deux races que tout oppose est un thème plus proche du shônen que du shôjo. En effet, l'Académie Cross et la coexistence entre ses deux classes répondent du désir un peu
utopique de son directeur de réconcilier deux races ennemies par nature. Nous nous rendons assez vite compte qu'à part lui et sa fille, personne ne partage cet idéal. Zero a trop souffert pour
pardonner à ceux qu'ils jugent responsables de la mort de ses parents et de son calvaire actuel. Les élèves de la night class se tiennent à carreau et acceptent de substituer les « blood
tablets » insipides au sang humain uniquement par respect pour la volonté de Kaname. Celui-ci est si énigmatique que l'on se demande qu'elles sont réellement ses véritables intentions et
quelle place l'Académie tient dans ses propres desseins.
Malgré
les éclaboussures de sang et la violence sous-jacente de certaines vignettes, l'amatrice de shôjo sera comblée par la lecture de cette série. Même si Matsuri Hino sors des sentiers battus par
certains aspects elle reste tout de même fidèle aux codes du shôjo. La mangaka adopte un rythme propre au genre. Elle prend son temps pour poser les bases de son récit et des relations entre
les personnages. Elle insiste sur les visages, les expressions, dévoilant avec subtilité les moindres tourments et pensées de ses héros.

