Critiques mangas et animes

Jeudi 12 novembre 2009

Kana nous régale avec son nouveau titre issu du magazine Melody. Ce magazine shôjo mensuel prépublie notamment les séries the top secret et Onmyouji, deux petits bijoux parus respectivement chez Tonkam et Delcourt. Ces trois séries se différencient sur le marché du shôjo par des thèmes qui sortent totalement des sentiers battus et se démarquent par leurs histoires vraiment mature. The top secret par exemple, nous parle d'une cellule policière chargée de lire par irm dans le cerveau de personnes défuntes pour traquer les tueurs en série. Onmyouji, quant à lui nous présente la vie du fameux exorciste Abe no Seimei à l'ère d'Edo.
Le pavillon des hommes est lui aussi très original et mature. Ainsi, il saura séduire aussi bien les fans de shôjos que les adeptes des autres genres de mangas. Les frontières entre les genres sont effectivement assez floues pour toutes les séries prépubliés dans ce magazine.




A l'ère d'Edo, le Japon est frappé par une mystérieuse maladie. Elle ne touche que les hommes et elle est incurable. La population masculine se met alors à décroître dangereusement. Les hommes deviennent une denrée rare et précieuse. Pour pallier au manque cruel de main d'oeuvre masculine, les femmes sont obligées de mettre la main à la pâte et de remplacer les hommes dans toutes les tâches du quotidien. Le shôgun n'échappe pas à cette règle. C'est désormais une femme qui est à la tête du pays ! Elle dispose d'un pavillon spécial où 800 hommes sont à sa disposition. C'est le comble du luxe dans cette société composée en grande majorité de femmes.




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Kana a publié les deux premiers tomes de cette série en simultané, au désormais célèbre "prix chouchou". Les deux tomes sont à 5,50€ jusqu'à la fin de l'année et seront ensuite disponibles à 7,35€.



Un univers clos à majorité masculine dans un monde à majorité féminine

Ce qui fait toute l'originalité du Pavillon des hommes, c'est la façon dont la mangaka a détourné la réalité pour inscrire ce manga dans une réalité historique fictive. Elle a imaginé un fléau qui a totalement renversé les équilibres traditionnels et les rapports de force entre les deux sexes.

Le pavillon des hommes c'est un harem de beaux jeunes hommes pour le plaisir d'une seule femme. Ainsi, dans ce manga, tous les rapports homme femme sont inversés. Dans cet espace clos, les ragots, les rumeurs et les conflits d'intérêt sont monnaie courante. Dans le premier tome, on découvre le pavillon, sa structure et les règles qui le régissent. Il est très hiérarchisé et les hommes qui le composent doivent monter les échelons pour pouvoir approcher le shôgun. Les manigances et les coups bas sont alors très répandus. Les hommes sont aussi durs entre eux que peuvent l'être les femmes dans un environnement similaire, chacun cherchant à tirer le plus de bénéfices de sa présence au pavillon.

Dans cet univers masculin, les relations homosexuelles intéressées ou non sont fréquentes. Les hommes bien qu'en minorité à l'échelle du pays se retrouvent confinés dans un espace clos sans aucune femme. Les relations sexuelles ne sont alors possibles qu'avec le shôgun, pour ceux qui ont le privilège de partager de temps en temps son lit, ou... entre eux. Néanmoins, malgré ces allusions le manga ne peut pas du tout être considéré comme un yaoi.



Une promenade dans le temps

Dans le premier tome, l'auteure nous présente le pavillon plusieurs dizaines d'années après sa création. La structure est déjà rodée et les coutumes instaurées. A cette époque le pavillon a aussi acquis une utilité politique. Bien plus qu'un simple harem dédié aux plaisirs charnels du shôgun, il sert aussi d'armée de protection pour le shôgun en cas de guerre et aussi de vitrine pour les émissaires étrangers. Le Japon cache par ce biais son infériorité aux étrangers. Rien ne laisserait supposer aux visiteurs que le pays manque d'hommes alors qu'il y en a tant dans le palais.

Dans le second tome, la mangaka fait un bond dans le passé. Nous revenons aux origines du pavillon et nous comprenons comment le pouvoir est passé des mains des hommes à celles des femmes. Nous découvrons comment ce qui est présenté dans le premier volume comme des traditions a été créé de toute pièce par une femme de fer. Elle a agi pour protéger la famille du shôgun. Elle a instauré cette armée de mâle pour protéger la première femme shôgun et en a codifié tous les usages.

Cette visite du pavillon que nous offre la mangaka est rendue encore plus agréable par son trait de crayon. Le dessin est pur et le chara design est vraiment joli et soigné. Les décors sont présents juste comme il le faut et embellissent l'ensemble.



Un univers : des personnages

Au cours de ces deux premiers tomes, la mangaka nous présente des personnages variés.

Dans le premier tome, les hommes se trouvent dans le pavillon pour de bonnes raisons. Certains ont choisi de s'y réfugier parce qu'ils n'ont nulle part où aller, d'autres comme le héros l'ont fait pour l'argent et pour échapper à un mariage forcé. Dans le second tome, il en est autrement. Le personnage masculin principal a été forcé d'intégrer le pavillon. Cette histoire est très axée sur la psychologie des personnages et je l'ai trouvé très intéressante. elle est profonde et riche.

Les femmes ne sont pas en reste. Les deux shôguns que l'on croise dans ces premiers tomes sont vraiment intéressantes. Celle du second tome (la première dans la chronologie) a un profond mal être. Elle est capricieuse et ne sent pas à sa place. Son histoire et ses échanges avec les autres nous permettront de mieux la comprendre. La femme du premier tome est une femme d'exception. elle se retrouve au pouvoir alors que rien ne l'y destinait. C'est parce que le précédent shôgun, une enfant, est morte à l'âge de 7 ans qu'elle a dû prendre cette fonction. Elle a un fort caractère, un profond sens de la justice et compte bien réformer le pavillon. J'espère que la suite du manga nous montrera si elle le fera et dans quelle mesure car, au vu des révélations du second tome, elle risque de changer quelque peu ses plans.


Ainsi à travers deux histoires différentes avec des personnages eux mêmes différents, la mangaka nous fait visiter son pavillon sous deux angles différents. Finalement, nous comprenons qu'au fil du temps, les habitants du pavillon et les shôgun se succèdent mais le pavillon, lui demeure, immuable.

Par Carolus
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Jeudi 15 octobre 2009
Life est une série que j'adore. Elle est originale et sombre comme je les aime. Pourtant ce tome 8 m'a beaucoup déçu. Je l'ai lu en dix minutes, sans exagérer. J'ai vraiment pas eu l'impression d'en avoir pour mon argent. 6,50€ pour 10 minutes de lecture c'est cher payé.

Tout au long de ce volume il n'y a qu'un seul événement. Il y a de l'action. Les dessins se succèdent et le texte est quasi inexistant. On se croirait plus dans un shônen que dans un shôjo. Il faudra 4 chapitres à Ayumu et Hattori pour s'échapper. La vitesse avec laquelle on lit ne nous permet pas de nous ennuyer mais on ressent une certaine frustration. Ce qui fait le point fort de ce manga : à savoir la justesse des sentiments, est complètement inexistante. Pire ! La situation dans laquelle se retrouve les deux héroïnes semblent tellement improbable qu'on n'adhère pas vraiment au message de l'auteur.

Ce tome 8 est inutile et décevant. J'espère que les suivants ne continueront pas sur cette lancée.



Résumé de la série


Ayumu est une jeune collégienne aux résultats moyens. Alors que les examens d'entrée au lycée se profilent sa seule préoccupation est de rester avec sa meilleure amie, Shino. Cette motivation la pousse à se surpasser. Elle travaille d'arrache pied pour passer les concours d'un prestigieux lycée qui fait rêver Shino depuis longtemps. Celle-ci n'hésite d'ailleurs pas à aider Ayumu quitte à perdre du temps pour ses propres révisions. Pourtant... lorsque les résultats tombent... Ayumu est acceptée alors que Shino ne l'est pas. Elle reproche alors son échec à son amie. Pour Ayumu, c'est plus qu'elle ne peut en supporter.



Titre : Life
Genre : Shôjo, drame
Auteur : Keiko Suenobu
Nombre de tomes VF : 8 (en cours)
Nombre de tomes VO : 20 (terminé)
Date de première publication : 2002
Editeur VO : Kodansha
Prépublication : Bessatsu Margaret
Prix : 6,50€
Editions : Kurokawa


Critique sur la série : Life

Par Carolus
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Mardi 6 octobre 2009

Otaku Girls Amours de lycée : Tendance otaku




Otaku Girls est un seinen qui tourne en dérision les fans de yaoi que nous sommes. Il reprend les codes du shôjo pour mieux les déformer et les caricaturer. Tous nos petits penchants et fantasmes sont grossis, amplifiés et parodiés.  L’humour est omniprésent et ravira tout autant les adeptes de shôjo que ceux de seinen.


Asai Rumi est une otaku mais pas n’importe quel genre d’otaku, elle est fan de yaoi ! Tout ce qui croise son regard est vu avec une sorte de filtre yaoi. Les mecs deviennent plus beaux et le moindre de leurs faits et gestes est interprété comme une marque d’affection envers un autre membre de la gent masculine.  Pourtant ça n’empêchera pas l’un d’entre eux, Takahiro, de tomber amoureux d’elle et de lui déclarer sa flamme.
Commencent alors une série de jeux amoureux qui échoueront lamentablement et de quiproquos tous plus amusants les uns que les autres.


Des  réactions extrêmes

Dès les premières pages la mangaka nous plonge dans l’ambiance. Le ton sera caricatural et l’humour omniprésent. Asai est tout sauf réaliste. Elle interprète tous les gestes et paroles des garçons et imagine des relations homosexuelles là où il n’y en a pas. Elle est tellement naïve, ignorante des sentiments amoureux et... otaku qu’elle perçoit la vie telle qu’elle est dépeinte dans les mangas.

Elle rêve de réaliser un dojinshi avec d’autres amies fan, comme elle, de yaoi. Pourtant, dans sa classe personne n’a l’air d’avoir les mêmes centres d’intérêt qu’elle. Pire, le club d’art plastique est carrément désert et elle n’a aucun modèle qui puisse lui servir pour dessiner son fanzine jusqu’au jour où le hasard place Abe sur son chemin.

Celui-ci est un jeune homme tout ce qu’il y a de plus normal face à l’extrémisme d’Asai. Ses réactions sont naturelles et purement masculines. Pourtant, il ne parviendra pas à faire comprendre ses sentiments à Asai. Sa déclaration tombe à plat et la jeune fille ne semble pas le prendre au sérieux tellement elle est persuadée qu’il est en couple avec le beau Chiba.

L’humour est mis en valeur par des dessins qui collent parfaitement au ton du manga. Le trait est léger et le SD souvent présent. De plus, la mangaka mélange savamment le dessin type shôjo - fleurs, coeurs et sensualité - avec des dessins humoristiques plus typés shônen. Le résultat est détonant !


Un humour frais et léger

Bien que l’on pourrait croire que cette histoire va subir des lourdeurs ou tomber dans les stéréotypes, il n’en est rien ! Les textes sont vraiment bien tournés et de nombreuses petites annotations viennent régulièrement nous arracher un sourire. Elles révèlent les pensées des personnages de façon humoristique. Elles viennent aussi illustrer les images issues de la vision yaoi d’Asai.
L’humour tourne autour de l’amour et du sexe sans jamais tomber dans le vulgaire. Au contraire... Takahiro est gêné devant la curiosité d’esprit d’Asai. Sa liberté d’expression le choque et le dérange alors qu’elle n’imagine pas du tout dépasser les limites.


Une histoire qui se renouvelle


Les situations se ressemblent souvent. Takahiro joue vraiment de malchance car Asai arrive toujours au moment où Chiba le taquine avec de petites phrases tintées d’humour ou des étreintes viriles mais ambiguës qui confortent Asai dans son idée. Les saignements de nez et les évanouissements se succèdent mais sans jamais nous lasser. Nous rions des inepties d’Asai et des souffrances de Takahiro.

La mangaka crée la surprise en introduisant un nouveau personnage. On s’attend à voir débarquer la peste de service alors qu’il n’en est rien. En réalité, il s’agit d’une otaku fan, elle aussi, de yaoi mais contrairement à Asai elle a les pieds sur terre.


Otaku Girls est une comédie romantique mais c’est aussi un seinen. Il ne faut pas s’attendre à voir du réalisme dans ce manga. Il faut le lire sans réfléchir juste en prenant plaisir à rire des farces fraiches et agréables dont la mangaka nous régale.


Titre
: Otaku Girls
Titre alternatif : môso shôjo otaku-kei
Mangaka : KONJOH Natsumi
Editeur VF : Doki-Doki
Editeur VO : Futabasha
Type : seinen
Genre : Comédie, tranches de vie
Année : 2006
Nombre de volumes VF : 1
Nombre de volumes VO : 5 (en cours)


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Par Carolus
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Vendredi 31 octobre 2008

Life c'est un tout petit mot mais pourtant tellement lourd de sens. Tout est dit avec juste ce minuscule mot. Keiko Suenobu va nous parler de la vie mais pas n'importe laquelle, celle d'Ayumu, une jeune japonaise semblable à tant d'autres.

 

Victime d'ijime durant sa scolarité, la mangaka va puiser dans son vécu pour nous relater l'histoire d'Ayumu. Loin d'une esquisse aseptisée et idyllique d'un Japon moderne, elle va dépeindre une jeunesse en proie à de sérieux problèmes, s'appliquant à donner toujours plus de réalisme à son récit. Avec Life (paru chez Kurokawa) attendez vous à ressentir des émotions... des émotions fortes... très fortes.

 

 


 

 

Ayumu est une jeune collégienne aux résultats moyens. Alors que les examens d'entrée au lycée se profilent sa seule préoccupation est de rester avec sa meilleure amie, Shino. Cette motivation la pousse à se surpasser. Elle travaille d'arrache pied pour passer les concours d'un prestigieux lycée qui fait rêver Shino depuis longtemps. Celle-ci n'hésite d'ailleurs pas à aider Ayumu quitte à perdre du temps pour ses propres révisions. Pourtant... lorsque les résultats tombent... Ayumu est acceptée alors que Shino ne l'est pas. Elle reproche alors son échec à son amie. Pour Ayumu, c'est plus qu'elle ne peut en supporter.

 

     

Ayumu est une jeune fille traumatisée car sa meilleure amie l'a rejetée par jalousie. Elle découvre ensuite que Shino a en réalité tout fait pour l'aider dans ses révisions au risque de voir ses propres notes baisser. Lorsque celle-ci échoue au concours d'entrée du lycée de ses rêves, la déception est si amère qu'elle renvoie la faute sur son amie.

 

« T'as toujours été un boulet »

 

« J'aurais été mieux sans toi »

 

Quel affreux supplice que d'être abandonnée par celle qui comptait plus que tout à ses yeux ! Blessée dans son coeur, Ayumu en vient à se blesser physiquement. Elle fait subir à son corps, les tourments de son esprit. Elle s'automutile. Et nous, spectateurs impuissants, nous la regardons se couper la chair avec tristesse.

 

Cette souffrance physique qu'elle s'impose semble être une punition pour n'avoir pas su comprendre son amie. Ayumu se reproche sans cesse cette amitié perdue. La culpabilité qu'elle ressent ne trouve d'exutoire qu'à la seule vue de son sang ruisselant le long de son bras.

 

A partir de cet instant, une lente descente aux enfers va s'amorcer pour elle. L'automutilation, bien plus fréquente que l'on pourrait le croire chez les adolescents est admirablement retranscrite par la mangaka. Le sentiment de soulagement qui suit le passage à l'acte est tel que les personnes souffrant de cette pathologie éprouvent de plus en plus souvent le besoin de se blesser.

 

« J'ai regardé le sang couler. Au bout d'un moment, il s'est arrêté. C'était comme si le trop plein dans ma tête... s'écoulait par ces plaies. »

 

Ayumu n'échappe pas à la règle, bien au contraire, l'auteur l'isole toujours un peu plus d'un entourage incompréhensif et aveugle à sa douleur. La sensation de vide laissée par l'abandon de Shino s'accentue de plus en plus. Sa mère l'ignore totalement, elle ne l'encourage jamais et n'a d'yeux que pour sa petite sœur. Ce n'est pas non plus auprès de Manami sa nouvelle copine qu'elle pourra trouver du réconfort. En effet celle-ci est d'un égoïsme à toute épreuve et ne s'aperçoit même pas des terribles efforts qu'Ayumu fait pour elle. Quant au petit ami de Manami, il prend un malin plaisir à la torturer.

 

Plus ses gestes d'automutilation deviennent fréquents, plus Ayumu en éprouve de la honte. Ses cicatrices sont sans cesse là pour lui rappeler son problème et sa différence avec les autres adolescentes. Cacher aux autres ce qu'elle fait subir à son corps va devenir une obsession. La peur d'être rejetée et considérée comme anormale lui fera accepter des situations insupportables.

 

Finalement les choses vont aller de mal en pire, poussant Ayumu toujours plus loin dans la réclusion, accentuant toujours plus son mal être et l'enfonçant toujours plus profondément dans ses plaies.

 

Cliquez sur l'image ci-dessus pour lire un extrait

 

Les événements s'enchainent au fil des pages à un rythme oppressant. L'auteur ne nous laisse pas le temps de respirer, provoquant ainsi une sensation de malaise. Les dialogues sont rares mais cinglants. Les pensées d'Ayumu nous sont livrées brutes de décoffrage. Keiko Suenobu n'épargne ni son héroïne ni son lecteur. Ses dessins sont si expressifs qu'ils deviennent par moment insupportables, tellement la douleur des personnages est perceptible. Ce n'est pas tant la vue du sang qui choque mais la souffrance des personnages représentée par des visages déformés par les pleurs avec des bouches distordues par les sanglots. Ces images, l'auteur nous les impose, comme si elle voulait nous faire passer un message, comme si elle voulait nous dire d'arrêter de nous voiler la face et d'ouvrir les yeux, pour voir qu'autour de nous, il y a peut être des adolescents dans le même cas qu'Ayumu.

 

Quelque soit nos positions et notre mode de pensée, ce manga nous interpellera. Nous oscillerons entre dégout et compassion. Nous essayerons de comprendre ou nous préférerons détourner les yeux. Keiko Suenobu nous renvoie en pleine figure notre propre adolescence, avec ses tourments et ses difficultés. Nous prenons alors conscience que la frontière entre simple crise d'adolescence et grave pathologie est finalement très mince.

 

Portrait réaliste d'une jeunesse nipponne, Life ne pourra pas vous laisser de marbre. A mes yeux c'est un des meilleurs mangas qu'il m'ait été donné de lire. Néanmoins de part le caractère assez violent de certains passages il n'est pas à mettre en toutes les mains.

 


Je vous met ci-dessous les sites dont je me suis servis pour construire cet article. Je vous encourage vivement à y jeter un oeil. Vous verrez alors à quel point ce manga est réaliste.

 

 


Discuter de cette série sur le forum : Life

 

Par Carolus
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Vendredi 24 octobre 2008

Les dernières séries que nos éditeurs français nous ont dénichées au pays du soleil levant sont toutes d'excellentes surprises (Skip Beat, Le Sablier, Comme elles, etc...). Toutes présentent des caractéristiques jusque là inédites : il semblerait que les codes du shôjo manga soient en train d'évoluer.

Finies les séries mièvres où l'histoire ne tourne qu'autour d'un couple ! Faîtes place à des histoires où l'accent est porté sur la psychologie et l'évolution des personnages. Dans ce contexte de renouvellement des genres, Matsuri Hino va encore plus loin. Cette auteur était déjà réputée pour transporter ses lecteurs dans des mondes inconnus (Meru Puri paru chez Panini) mais avec Vampire Knight (paru lui aussi chez Panini) elle pousse le concept encore plus loin.

Mélanger subtilement sentiments, personnages sombres au passé tourmenté et hémoglobine, c'est du grand art !




Par une froide nuit d'hiver, une enfant est sauvée in extrémiste des crocs d'un vampire assoiffé de sang par un autre vampire nommé Kaname Kuran. Cette petite fille sera ensuite adoptée par le directeur d'une école pas comme les autres : l'académie Cross. Deux classes s'y succèdent tour à tour : une le jour et l'autre la nuit. Les élèves de la night class sont tous beaux et fascinent ceux de la day class. Pourtant ils ignorent que derrière ces visages magnifiques se cachent des vampires. Yuuki Cross, la fille du directeur et Zero Kiryû, un enfant qu'il a recueilli sont tous deux chargés de discipline. Leur rôle est de protéger ce secret. Yuuki prend son rôle très à cœur car elle croit en la coexistence pacifique entre les deux races. Zero, par contre, voue une haine féroce contre ceux qu'il considère comme des monstres à visage humain.




Couvertures des tomes 1 à 6 - Cliquez pour agrandir


Matsuri Hino signe avec Vampire Knight son plus grand chef d'œuvre.
A la lecture de cette série on ressent la passion et l'intensité de sa réflexion. Le déroulement de l'histoire est fluide, elle nous amène subtilement à nous poser une foule de questions. Elle y répond par bribes au fil des tomes mais souvent la réponse apporte avec elle une floppée d'autres interrogations. Nous sommes pris dans l'intrigue et l'auteur joue avec nos nerfs. Le suspense grandit à chaque page et avec lui la souffrance des personnages.


Drames, tourments et destins maudits


Que ce soit la jolie et tendre Yuuki, l'énigmatique Kaname ou le taciturne Zero, tous les personnages possèdent des traits de caractère et une histoire qui leur est propre. La mangaka commence son récit en mettant l'accent sur Zero. C'est le personnage que l'on connait le mieux pour le moment. Zero apparaît comme la victime d'un complot qui le dépasse, attaqué dans son enfance par Shizuka : un vampire de sang pur qui a aussi tué ses parents. Cette morsure le transformera lentement mais irrémédiablement en vampire, plus précisément en level E. Zero lutte depuis ce jour maudit où ses parents ont perdu la vie, pour ne pas sombrer et devenir un de ses êtres sanguinaires qu'il exècre tant. Ses sentiments deviennent alors clairs à nos yeux et sa répulsion envers les vampires s'explique. Son combat contre sa lente dégénérescence en level E le rend attachant.

A travers l'histoire de Zero, Matsuri Hino nous dévoile subtilement les jeux d'influence et les différents groupes qui interviendront dans son récit. Elle nous fait découvrir l'existence du Sénat des vampires, l'association des vampires Hunter ou la race « à part » des sang pur. L'Académie apparaît alors comme un havre de paix à l'équilibre fragile qui ne résiste aux pressions extérieures rien que par la volonté de Kaname Kuran. Celui-ci a l'air de porter sur ses épaules le poids de sa race. Le lecteur soupçonne une vengeance dans laquelle l'Académie serait un outil mais sans savoir pourquoi. Kaname est un personnage sombre et ambigu, tout comme sa relation avec la gentille Yuuki. Nous voyons le profond attachement qu'il a envers la jeune fille mais sans comprendre en quoi elle est si exceptionnelle à ses yeux. La réponse nous sera sans doute donnée lorsque la mangaka nous dévoilera le passé oublié de la jeune fille.

Une violence latente


La cohabitation entre deux races que tout oppose est un thème plus proche du shônen que du shôjo. En effet, l'Académie Cross et la coexistence entre ses deux classes répondent du désir un peu utopique de son directeur de réconcilier deux races ennemies par nature. Nous nous rendons assez vite compte qu'à part lui et sa fille, personne ne partage cet idéal. Zero a trop souffert pour pardonner à ceux qu'ils jugent responsables de la mort de ses parents et de son calvaire actuel. Les élèves de la night class se tiennent à carreau et acceptent de substituer les « blood tablets » insipides au sang humain uniquement par respect pour la volonté de Kaname. Celui-ci est si énigmatique que l'on se demande qu'elles sont réellement ses véritables intentions et quelle place l'Académie tient dans ses propres desseins.

Le monde des vampires semble très structuré avec une hiérarchie si importante que les sangs purs peuvent apparaître tout puissants. Pourtant, il n'en est rien. A la mort de Shizuka, il est fait mention d'un ennemi responsable de tous les événements qui ont accablé Zero. Nous ne savons pas de qui il s'agit mais nous comprenons qu'il tire les ficelles dans l'ombre. Shizuka mais aussi les parents de Zero n'étaient en réalité que de vulgaires instruments qu'il a utilisés à des fins inconnues. Matsuri Hino n'hésite pas à coucher sur le papier des scènes d'une rare violence comme celle de la mort de Shizuka, pour ensuite enchainer sur des dessins remplis d'émotion.


Émotions, sentiments et sensualité

Malgré les éclaboussures de sang et la violence sous-jacente de certaines vignettes, l'amatrice de shôjo sera comblée par la lecture de cette série. Même si Matsuri Hino sors des sentiers battus par certains aspects elle reste tout de même fidèle aux codes du shôjo. La mangaka adopte un rythme propre au genre. Elle prend son temps pour poser les bases de son récit et des relations entre les personnages. Elle insiste sur les visages, les expressions, dévoilant avec subtilité les moindres tourments et pensées de ses héros.

Vous l'aurez sans doute remarqué, Yuuki, Zero et Kaname forment le traditionnel triangle amoureux. Les sentiments bien qu'encore secondaires sont perceptibles et viennent donner une nouvelle profondeur à l'intrigue pour le plus grand plaisir des lectrices avides de romantisme et d'émotions.

Avec un coup de crayon comme nul autre pareil, Matsuri Hino nous ravira les yeux et nous submergera d'émotions puissantes et variées. Vu le travail effectué par la mangaka sur ses héros, il est impossible de ne rien ressentir à leur égard. Haine, pitié, admiration ou amour sont autant de sentiments qui nous assailliront à la lecture de ce manga. Certains verront en Zero un être fragile à protéger alors que d'autre lui préféreront la force d'esprit de Kaname. D'autres encore seront attirés par la douceur de Yuuki. Quelque soient nos préférences nous nous attacherons fatalement à l'un ou l'autre des personnages.


Ajoutons aussi une pointe de sensualité donnée aux scènes de morsure et des dessins d'une rare beauté, on ne peut pas s'y tromper, Vampire Knight est un pur shôjo comme nous les aimons.



  • Editions : Panini
  • Auteur : Matsuri Hino
  • Prix : 6,95€
  • Une série animée est sortie au Japon cette année. Elle est disponible en téléchargement sur le blog.
  • Discuter de cette série sur le forum : Forum club shôjo - Vampire Knight
Par Carolus
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